Le pont de Chalampé que les soldats de la Wehrmacht ont fait sauter en se repliant sur la rive droite du Rhin.
La Libération célébrée en commun
Bantzenheim et Chalampé
ont été libérées le 9 février 1945. Ce week-end, les deux communes
célèbrent ensemble cet anniversaire en associant enfants et
vétérans.
Libérées de concert, les communes de Bantzenheim et de Chalampé ont décidé de célébrer ensemble ce 60e anniversaire. Pour cette commémoration, les deux municipalités ont voulu associer les enfants des écoles primaires françaises et leurs camarades allemands de la Hauptschule de Neuenburg avec les vétérans. Ainsi, des conférences données par les aînés ont eu lieu dans les classes et les écoliers ont participé à l'élaboration d'une exposition. Des silhouettes entre les arbresLe 8 février 1945 au matin, la 11e Compagnie, précédée d'un peloton blindé du RICM, ouvre la marche. Après avoir laissé sur sa gauche le village de Munchhouse, elle s'enfonce dans la forêt de la Hardt. Arrivés au bord d'une coupure, les blindés s'arrêtent, laissant passer la compagnie qui contourne l'obstacle. La 1re section reçoit du commandant de compagnie la mission de progresser à une certaine distance de la route, probablement minée, en s'efforçant de ne pas ralentir la marche du bataillon. Des traces récentes d'occupation — restes encore chauds de feux de bois — mais aussi des coups de feu isolés et des silhouettes entre les arbres indiquent que l'ennemi jalonne la progression des unités françaises. Tirs d'armes automatiquesLes deux groupes de tête de la 1re section atteignent la lisière de la forêt vers 11 h. Devant, la plaine se déroule jusqu'au village de Bantzenheim dont on aperçoit le clocher et les premières maisons. Le silence est complet. À l'entrée du village, quelques ombres traversent la rue. La route amorce une courbe pour franchir un ponceau bordé d'un talus. Après avoir marqué un arrêt d'observation, comptant sur l'appui éventuel des 2e et 3e groupes, arrivés à l'orée du bois, le chef de section engage le 1e r groupe le long de la route. Le groupe est à découvert lorsque de violents tirs d'armes automatiques se déclenchent à partir du remblai bordant le canal de la Hardt. Ces tirs visent les premiers voltigeurs, empêchant toute mise en oeuvre des appuis et toute possibilité de neutraliser les armes de l'ennemi. Bloqué en terrain découvert, allongé avec les hommes du groupe de tête dans le bas-côté enneigé de la route, le chef de section demande par radio l'intervention des chars et des tirs fumigènes pour permettre le repli. Une succession de tirs terriblement bien ajustés touche les hommes les uns après les autres. Ceux-ci s'efforcent de tirer à plusieurs reprises avant d'être abattus. Le radio de section est blessé et le chef de section se fait passer l'appareil radio et tente de reprendre contact avec la compagnie. Ces mouvements attirent des tirs immédiats, les balles ricochent aux alentours et la section subit des pertes. De lourdes pertesÀ la nuit tombée, les rescapés rampent jusqu'à la lisière de la forêt. Les pertes sont lourdes. La 1re section a eu neuf tués et huit blessés, la compagnie quatorze morts et vingt-huit blessés. La section restera toute la nuit à couvert en bordure de la Hardt sans subir d'autres tirs. Le lendemain, mercredi 9 février 1945 vers 8 h 45, le 3e Bataillon entre sans résistance dans Bantzenheim, récupère un canon de 105 et quatre mitrailleuses. Le détachement allemand s'est retiré pendant la nuit. La 9e Compagnie pousse jusqu'au pont de Chalampé qu'elle atteint vers 10 h, au moment où les derniers soldats allemands regagnent en barque la rive droite du Rhin sous la protection de tirs allemands et après avoir fait sauter le pont. En ce 9 février 1945, la poche de Colmar n'existe plus, la bataille d'Alsace est gagnée. Jean-Paul Destenay |
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